Les protestants de Provence : Communiqué de presse de la FPF

Communiqué de la FPF en réaction aux propos intolérables

prononcés par M. Maréchal-Le Pen à l'égard du protestantisme

Le Président de la Fédération protestante de France exprime sa vive réprobation en réaction aux propos intolérables à l'égard du protestantisme prononcés par Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse, le 5 juillet au Pontet.

 

 

Paris, le 10 juillet 2015

Communiqué de presse

Le texte en pdf

Le Président de la Fédération protestante de France exprime sa vive réprobation en réaction aux propos intolérables à l'égard du protestantisme prononcés par Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse, le 5 juillet au Pontet dans son discours de lancement de campagne * : des propos scandaleux et irresponsables qui créent la confusion et la division.

* « La Provence est une terre d’identité et de résistance. Résistance des princes provençaux face à l’invasion sarrasine, résistance face à la terreur révolutionnaire, face à la réforme protestante, face à l’occupant allemand, face au funeste projet de l’Union européenne en 2005. ». (Marion Maréchal-Le Pen, discours du Pontet, 5 juillet 2015)

 

Réaction de la FPF par la voix de son Président, le pasteur François Clavairoly :

« À l’occasion du discours tenu par Mme Marion Maréchal-Le Pen, dimanche 5 juillet à l’hippodrome du Pontet pour lancer sa campagne pour les élections régionales, je tiens à formuler sereinement mais fermement mon interrogation et ma réprobation.

Je m’interroge sur les intentions de Mme Maréchal-Le Pen qui, dans un discours public, en une même phrase, évoque la résistance de la Provence à l'invasion sarrasine, à la terreur révolutionnaire, à l'occupation allemande, et... à la Réforme protestante. Telle grossière association de la part d'une députée de la République française est non seulement scandaleuse mais irresponsable. Scandaleuse car elle crée de la confusion dans les esprits et irresponsable car elle divise et crée de la suspicion entre les citoyens.

Les propos de Mme Maréchal-Le Pen heurtent les protestants, notamment la mémoire de ceux qui ont contribué à la conquête de la liberté religieuse. En effet, la Réforme protestante participe en France comme en Europe et dans le monde entier à l'annonce de l'Évangile. Depuis cinq siècles elle prend part à la défense de la liberté, notamment religieuse, œuvre à l’exercice de la démocratie et soutient la laïcité, garante du pluralisme religieux.

La France fonde sa cohésion sociale sur les valeurs républicaines. Au nom de mes convictions protestantes et citoyennes, je dénonce la stratégie de division et de haine de l'autre mise en œuvre par le Front National.

Je souhaite donc que Mme la députée ne s'aventure pas dans une réécriture de l'histoire ni ne dévoie à ce point et dégrade les notions de résistance et d'identité par ses propos.

Les protestants de Provence et d'ailleurs attendent autre chose d'un représentant de la nation. »

 

Ma réaction sur Twitter :

 

 

Source : La Croix

Protestantisme et Occupation, Marion Maréchal-Le Pen s’explique

La députée FN déclare n’avoir pas prononcé le passage de son discours ayant fait polémique.
Elle affirme avoir reçu une double éducation religieuse protestante et catholique.

 

La députée FN Marion Maréchal-Le Pen a tenté mardi 14 juillet de calmer l’indignation « compréhensible » provoquée par la diffusion erronée « par son équipe » de propos mettant sur le même plan la Réforme protestante et l’Occupation allemande.

Dans un communiqué, la candidate aux régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) s’est dite « désolée » pour ce « malentendu », en soulignant n’avoir pas prononcé un extrait controversé de son discours au Pontet (Vaucluse) le 5 juillet.

Cet extrait, qui s’était pourtant retrouvé sur la page Facebook de la députée du Vaucluse, affirmait : « La Provence est une terre d’identité et de résistance. Résistance des princes provençaux face à l’invasion sarrasine, résistance face à la terreur révolutionnaire, face à la réforme protestante, face à l’occupant allemand, face au funeste projet de l’Union européenne en 2005 ».

La Fédération protestante de France (FPF), principale organisation représentative du protestantisme, avait exprimé sa « vive réprobation », dénonçant une association « scandaleuse » et « irresponsable ».

Dans une lettre adressée au président de la FPF, François Clavairoly, dont l’AFP a eu copie, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen réaffirme ne pas avoir tenu ces propos.

« Les extraits que vous avez pu lire sur Internet, et qui ont suscité votre indignation, tout à fait compréhensible, sont le fruit d’un malentendu que je tiens à éclaircir », écrit-elle.

« Consciente qu’évoquer la Réforme protestante dans un même passage que l’Occupation allemande ou la Terreur révolutionnaire aurait pu provoquer une incompréhension légitime, j’ai retiré cet extrait de mon intervention en tribune. Néanmoins, les propos diffusés sur mes réseaux sociaux par mon équipe étaient issus d’une version écrite initiale non corrigée et différente de mon discours prononcé à l’hippodrome du Pontet », a expliqué Marion Maréchal-Le Pen.

« Je suis d’autant plus désolée de ce malentendu que ma famille paternelle est de confession protestante et mon grand-père pasteur. Cet héritage familial m’a permis de recevoir une éducation religieuse protestante dans mon enfance en parallèle du catéchisme catholique », poursuit la députée frontiste.

« Vous comprendrez donc, Monsieur le président, que loin de moi est l’idée de voir dans le protestantisme une agression à l’égard de l’identité de notre région et de notre nation. Bien au contraire, les protestants ont contribué, aux côtés des catholiques, à la renommée culturelle et intellectuelle de notre région », conclut la députée.