La Roque d'Anthéron

La communauté protestante de

La Roque d’Anthéron

sous l’Ancien Régime

 

 

 

Bref historique

Bernard APPY

À la fin du Moyen Âge, La Roque d’Anthéron a besoin d’être repeuplé. L’acte d’habitation de 1514 nous apprend que le village accueille alors une majorité de familles venues de Mérindol, Lourmarin, Cabrières d’Aigues, La Motte d’Aigues. Il n’est donc pas surprenant qu’une communauté vaudoise s’installe en nombre à côté d’autres habitants catholiques. Malgré cette implantation, le village échappe à l’épisode sanglant du massacre de Cabrières et Mérindol en 1545.
La présence de ces vaudois, d’abord discrète, va s’affirmer progressivement après leur passage à la Réforme. C’est à La Roque d’Anthéron, en 1559, que le premier temple est dressé en Provence. Le pasteur y célèbre la Cène dès le 20 septembre 1561.
En 1598, l’édit de Nantes y autorise l’exercice du culte.
Pourtant, en 1633, le seigneur catholique de La Roque d’Anthéron, qui est également le Premier président du Parlement de Provence, l’interdit. Après avoir diligenté une enquête, la Chambre de l’édit de Grenoble (chargée de régler les litiges impliquant les protestants provençaux) rétablit le culte à La Roque par un arrêt rendu le 22 février 1641. Et le 16 novembre 1653, un commissaire de cette Chambre de l'Édit, venu spécialement sur place, « fit ouvrir leur temple et fist prescher en iceluy le Sieur Maurice, ministre de Lourmarin ; lequel fit encores le lendemain matin les prières publiques dans ledit temple et y baptisa un enfant ».
Mais, trois mois plus tard, le seigneur de La Roque d’Anthéron fit murer la porte du temple… sans que cela empêche pour autant l’exercice du culte qui put malgré tout se maintenir.
En mai 1662, les commissaires de l’édit de Nantes (l’un catholique et l’autre protestant) donnèrent un partage d’avis parfaitement contradictoire, l’un exigeant la suppression du culte réformé, l’autre demandant son maintien. L’arrêt du Conseil d’État du 4 mai 1663 ordonna la démolition du temple et l’interdiction de l’exercice du culte.
Le 21 octobre 1685, suite à la Révocation de l’édit de Nantes et à l’arrivée imminente d’une colonne de dragons, les protestants de La Roque d’Anthéron abjurèrent en masse. Parmi ceux-ci, bon nombre choisirent par la suite de quitter La Roque et de partir au Refuge en 1687-1688. La Roque fournit le deuxième plus gros contingent provençal de réfugiés. On les retrouve recevant des assistances à Genève, Schaffhouse, Francfort-sur-le-Main. Parmi eux certains poursuivent leur route vers la Hollande. Mais quelques-uns préférèrent revenir à La Roque.
Ceux qui étaient restés n’eurent d’autre choix que de simuler leur conversion au catholicisme en faisant baptiser leurs enfants à l’église, en s’y mariant. Mais au moment de mourir, le registre paroissial note que certains n’ont donné auparavant « aucune marque de catholicité » et la sépulture catholique leur est donc refusée.
Pour autant, durant cette période du Désert, des familles protestantes sont peu à peu devenues vraiment catholiques par des mariages “mixtes” qui se succédèrent de génération en génération, tandis que d’autres ont maintenu leur foi. On les retrouve alors dans le registre pastoral de la fin du XVIIIe siècle. Mais la communauté protestante qui se reforme à La Roque lors de la promulgation de l’édit de Tolérance, en octobre 1687, après les nombreux départs au Refuge et les défections, n’a plus la même importance qu’un siècle plus tôt…

 

 

1514

Acte d'habitation
avec une majorité vaudoise

 

 

Partage d'avis des Commissaires exécuteurs de l'édit de Nantes (1662)

Bernard APPY

Transcription du partage d’avis entre les Commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes sur l’exercice de la religion réformée à La Roque d’Anthéron. La communauté protestante est représentée par Louis Meille, Daniel Tertian et Pierre Richard.
L’arrêt du Conseil d’État du 4 mai 1663 ordonnera la démolition du temple et l’interdic-tion de l’exercice du culte protestant à La Roque d’Anthéron.
Le partage d’avis est suivi d’un échange relatif au cimetière protestant de Silvacane que l’on juge trop proche de celui des catholiques (1665-1668).

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Dénombrement des protestants de Provence (1682)

Bernard APPY

Selon ce document, il y avait en 1682 à La Roque d'Anthéron 100 familles protestantes (pour 80 familles catholiques).

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Registres du notaire Jean Bonnet (1682-1688)

Françoise et Bernard APPY

420 E 428
Transcription de l’abjuration individuelle d’Isabeau Abrard, probablement de Velaux.
Prise en notes de quelques actes impliquant Pierre Appy, bourgeois, de Lacoste.

420 E 429
Transcription de l’abjuration individuelle de Marie Abrard en février 1685, probablement pour pouvoir se marier avec un catholique.
Révocation de l'Édit de Nantes : le 21 octobre 1685, les abjurations collectives de La Roque d'Anthéron (293 individus).
Actes concernant Pierre Appy, de Lacoste (marié à Anne Crespin, originaire de La Roque d’Anthéron).
Relevé de quelques actes (contrats de mariage et testaments) concernant des protestants ou, après la Révocation, supposés tels.

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Abjuration collective des habitants de La Roque d’Anthéron

(21 octobre 1685)

Bernard APPY

Révocation de l'Édit de Nantes (1685) : les abjurations de 293 personnes, avec mention de celles parties ensuite au Refuge.

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Les habitants de La Roque d’Anthéron partis au Refuge

Bernard APPY

Au moins 75 habitants de La Roque d’Anthéron ont fui au Refuge après la Révocation de l’édit de Nantes en octobre 1685. La base de données du Refuge huguenot mentionne les assistances qu’ils ont reçues durant leur périple.
Certains iront jusqu’en Afrique du Sud : Jacques Verdot, 23 ans et son frère, Hercule Verdot, 16 ans ; Susanne Rey, 20 ans ; Louis Barret, il appellera sa ferme “La Roque” qui deviendra “La Rooke” en hollandais.

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Registres paroissiaux de La Roque d'Anthéron (1685-1792)

Bernard APPY

Actes de baptêmes, mariages et sépultures concernant les protestants (appelés aussi “nouveaux convertis” ou “religionnaires”). Relevé des actes la plupart en abrégé et transcription pour quelques-uns en totalité lorsqu’ils présentaient un intérêt particulier.

Certaines branches, protestantes au moment de la Révocation de l’édit de Nantes en 1685, se sont progressivement converties au catholicisme, essentiellement à l’occasion de mariages mixtes (un ou une protestante épousant une ou un catholique). D’autres branches se sont maintenues dans leur foi protestante initiale, et on les retrouve alors dans les déclarations consécutives à l’édit de Tolérance de 1687.

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Registres pastoraux de La Roque d’Anthéron (1783-1790)

Bernard APPY

Cet article est le registre pastoral de l'Église réformée de La Roque d’Anthéron pour la période qui va de 1669 à 1684. Il contient 35 baptêmes, 9 mariages et 21 sépultures.

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Déclarations consécutives à l'édit de Tolérance (1788-1789)

Bernard APPY

182 personnes concernées par les 52 déclarations faites devant le curé de la paroisse

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Courrier

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